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Dracula, un classique du roman gothique et une figure mythique

Roman Dracula, crucifix, gousse d'ail et encensoir.
Publié en 1897, « Dracula » de Bram Stocker est rapidement devenu un classique de la littérature gothique, qui a ouvert la voie à la littérature d’horreur. Un roman épistolaire écrit par un auteur irlandais alors que le monde se passionnait pour l’hypnose, l’occulte et les mystères surnaturels. Un chef d’œuvre approprié à lire à l’approche d’Halloween ! 🎃

En 1897, la Grande-Bretagne était à l’apogée de l’ère victorienne. Caractérisée par des normes strictes de moralité et de comportement ainsi que par un intérêt croissant pour les avancées scientifiques, médicales et technologiques, elle connaissait parallèlement un engouement pour la littérature gothique et le paranormal.

Toutefois, en vous plongeant dans cette histoire, ne vous attendez pas à de l’horreur ni à de l’épouvante : ce roman dans le plus pur style gothique est une collection d’extraits des journaux intimes des différents protagonistes, de lettres ou coupures de presse.

À travers la langue ampoulée du XIXe siècle, vous assisterez aux mésaventures du naïf Jonathan Harker en Transylvanie et suivrez le terrible comte dans une Angleterre fantômatique, traqué par le vieux Van Helsing.

À cette époque, les craintes liées à l’inconnu, à la sexualité refoulée et à l’évolution des rôles de genre étaient déjà au cœur des préoccupations – probablement la raison pour laquelle cette histoire est restée si moderne, voire intemporelle. La tentation sexuelle, la transgression des normes sociales par le biais de la figure tant séduisante qu’effrayante du comte Dracula lui-même sont au cœur de l’intrigue. 🧛🏻‍♂️

Quelle est l’histoire de Dracula ? 

Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire, se rend en Transylvanie pour conclure une transaction avec un client, le mystérieux comte Dracula, qui vit dans un château isolé des Carpates à l’accès difficile. Là, il est retenu prisonnier sans savoir pourquoi et découvre bientôt ce que sa raison refusait à croire : le comte est une terrible créature de la Nuit qui a l’intention de se rendre en Angleterre pour y semer la terreur.

Piégé et livré à trois démons féminins, Jonathan ne peut rien faire pour empêcher le voyage du noble. Là-bas, alors que Dracula est arrivé par bateau, l’amie de Mina Murray (la fiancée de Jonathan), Lucy, tombe soudainement malade. Malgré les efforts des médecins, sa santé continue de se détériorer inexplicablement. Mina commence à enquêter sur la cause de ces étranges syndromes avec l’aide du vieux professeur Abraham Van Helsing, un expert en vampirisme.

Les craintes du Néerlandais s’avèrent : Lucy est la cible d’attaques répétées de Dracula, qui charme à présent la belle Mina. Un groupe hétéroclite se forme alors dans le but d’occire définitivement cette créature de cauchemar : Van Helsing, Jonathan (qui a réussi à s’enfuir et à regagner son pays), le texan Quincey Morris, lord Godalming et le médecin John Seward. Ensemble, ils se lancent dans une croisade désespérée afin de tenter de sauver Lucy, Mina et l’Angleterre des desseins machiavéliques de Dracula…

Je ne vous divulgâcherai pas la fin du roman, particulièrement prenant puisque l’auteur ne nous livre que les témoignages a posteriori des protagonistes ! 

La publication de Dracula en France

Il faudra attendre 23 ans, en 1920, pour découvrir Dracula en français ! Toutefois, le roman n’a pas été traduit intégralement : les 270 pages françaises sont bien loin des 418 pages originales, surtout quand on sait qu’un texte traduit est environ 25 % plus long que l’original anglais…

Ce n’est en 1963 qu’une nouvelle traduction, intégrale cette fois, sera publiée chez Marabout. Elle sera suivie de quatre nouvelles traductions dans les années 1970, et enfin en 2010 par Jacques Sirgent et en 2019 par Alain Morvan (comprenant une notice détaillée et un texte de Stocker jamais encore publié, L’invité de Dracula).

C’est la traduction de Sirgent que j’ai lue aux éditions… J’ai Lu ! Un livre de 680 pages qui n’omet rien de la version originale. On peut également trouver des versions abrégées destinées plus particulièrement à un jeune public.

Il est courant qu’une œuvre originale soit charcutée par un éditeur, voire réécrite pour diverses raisons… J’aborde ce sujet en détail dans mon article Doit-on réécrire nos livres pour ne pas offenser les sensibilités ? 

Les adaptations de Dracula

Les adaptations de ce roman sont légion ! En bande dessinée, l’histoire a été adaptée, parodiée ou évoquée dans de nombreuses œuvres, tandis que le personnage de Dracula s’est imposé dans la pop culture ; tout le monde connaît le célèbre vampire ! 

Les jeux vidéo également ne se sont pas privés de s’inspirer de cette histoire ou de son méchant emblématique ; je pense à Castlevania (qui a été lui-même adapté en série animée), le splendide The Masquerade, ou la superbe série des Legacy of Kain.

En série télévisée, Netflix a produit une adaptation en 2020 ; il est probable également que la série culte Buffy contre les vampires n’aurait pas vu le jour sans le récit fondateur du vampirisme.

Côté cinéma, on compte moult films directement inspirés de Stocker : au premier rang desquels le fameux Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau en 1922, ou plus récemment Dracula de Francis Ford Coppola en 1992, triplement oscarisé.

Enfin, on compte également un concert fiction radiophonique et quelques pièces de théâtre plus ou moins fidèles au récit original.

Dracula, une œuvre immortelle

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avant de me plonger dans l’intrigue. J’avais vu le Dracula de Coppola au cinéma, que j’ai énormément apprécié, mais c’était il y a longtemps ; l’édition de la version intégrale en français de J’ai Lu m’a finalement convaincu.

J’ai donc été très surpris par la forme épistolaire du récit : on découvre les points de vue de chaque personnage, a posteriori, et cela donne au lecteur une vision très étroite où l’on sent la tension monter progressivement – évidemment, comme ce classique est connu de tous aujourd’hui, on devine ce qui va arriver et l’on s’étonne parfois de ce qui peut apparaître comme de la naïveté chez tel ou tel personnage.

Je me suis surpris plus d’une fois à vouloir secouer violemment ce pauvre Jonathan pour lui faire prendre conscience de la vraie nature de son hôte ! 

Cependant, il s’agit d’un biais de perception, car non seulement l’action se déroule à une autre époque (où « les convenances » de la bonne société sont une évidence qui ne se remet pas en question), mais aussi les protagonistes n’ont aucune idée de ce qui les attend, contrairement à nous…

Je m’attendais à frémir, à peut-être quelques passages un peu gores, quelque chose de violent. Eh bien, pas du tout ! C’était ignorer que cette histoire n’est ni de l’horreur, ni de l’épouvante, mais davantage un parangon d’ambiance gothique.

Tout est dans la suggestion. L’atmosphère brumeuse des nuits londoniennes, les ténèbres des forêts transylvaniennes où résonnent les hurlements des loups, des villageois revêches et mutiques aux traditions inquiétantes…

Ne vous attendez donc pas à un spectacle hollywoodien. Mais pour peu que vous aimiez la langue travaillée et un peu surannée du XIXe siècle, le rythme progressif des voyages d’antan, et le suspense étudié des ambiances menaçantes, vous aimerez comme moi ce récit captivant. Seul regret : j’aurais aimé en savoir plus encore sur ce mystérieux comte Dracula qui, au final, est le personnage le plus intéressant de cette aventure.

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce livre ? Si vous ne l’avez pas encore lu, n’oubliez pas votre collier de gousses d’ail avant de le feuilleter ! 🧄

Plume, encrier et livre

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