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Nouvelle : partez en quête d’un trésor maudit ! 

La frégate l'Herminie par Auguste Mayer
Dans cette troisième nouvelle de mon recueil, je vous emmène à bord d'un bateau pirate et vous invite à cette réflexion : on finit toujours par perdre ce qu’on croit posséder.

Je vous propose aujourd’hui l’extrait d’un nouveau récit : Le trésor maudit !

Dans cette nouvelle, j’ai voulu me plonger dans un genre que j’affectionne, l’aventure pirate. Je vous emmène ainsi en compagnie de l’équipage du Vorace, un bateau pirate tristement célèbre dans les mers occidentales et septentrionales de la planète Tzakatán.

À cette époque, deux grands empires chacun sur son continent se disputaient la domination des terres et des océans ; entre ces puissances fleurissait une contrebande bien installée qui savait mettre à profit tant les tensions politiques et militaires que les routes commerciales, souvent périlleuses, qui sillonnaient les mers.

Toutefois, si elle est semblable à la Terre par bien des aspects, Tzakatán est une planète dangereuse qui a connu une évolution différente. Alors, quand la promesse d’un trésor fabuleux et d’une gloire légendaire viennent enivrer les esprits et raviver le brasier de la cupidité, il est aisé d’oublier les périls pour défier le destin.

« Quand on se vautre dans l’illusion de la propriété, on en devient l’esclave de plein gré. »

Pour ce récit, mes influences sont évidentes : le fameux L’île au trésor (de Robert Louis Stevenson), Pirates (de Michael Crichton), la saga Pirates des Caraïbes et, bien sûr, Le trésor de Rackham le Rouge des aventures de Tintin (d’Hergé).

Depuis tout petit, et comme beaucoup d’enfants, les histoires romancées de piraterie me passionnent. Je voulais retrouver ce souffle d’odyssée, cette langue un peu désuète, mi-familière, mi-soutenue, et ces tournures de phrases qui sentent le cuir vieilli des reliures d’antan.

C’est probablement l’une des nouvelles qui m’aura pris le plus de temps à écrire, car j’ai emprunté un style assez éloigné de mon ton habituel, et sa trame s’étale sur plusieurs lieux que je me plais à vous faire visiter. Au final, c’est sous la forme d’un journal de bord écrit a posteriori que vous les découvrirez.

Comme toujours dans mes récits, l’histoire me permet d’illustrer quelques aphorismes et réflexions qui me tiennent à cœur. Ici, j’explore le thème de la perte et de la propriété.

Possède-t-on jamais vraiment quelque chose ? N’est-il pas plus réaliste de considérer ce qui nous est offert comme un simple emprunt ? Car, au final, on finit toujours par perdre ce qu’on croyait posséder, d’une façon ou d’une autre.

Quand la possession tourne à l’obsession, on s’enferme soi-même dans le déni de cette réalité : des choses, nous n’avons que l’usufruit. Jusqu’à la vie elle-même que nous finirons aussi par perdre, et où tout sera alors transmis, rien n’appartient jamais définitivement à quiconque. Nous ne passons que le relai, nous transmettons le témoin. Tant pour l’environnement qui nous accueille que pour ce que nous fabriquons et achetons.

Comme le chante très simplement – et très efficacement – Jean-Jacques Goldman dans « Les choses », Je prie les choses et les choses m’ont pris. C’est un fait : quand on se vautre dans l’illusion de la propriété, on en devient l’esclave de plein gré.

« Vivre, c’est apprendre. Nous sommes les élèves perpétuels des maîtres que nous choisissons. »

Car celui qui possède est tenaillé par la peur de la perte. Il fera tout pour conserver ou prendre ce qu’il estime son bien – et le fait que ce mot dans notre langue désigne tant « ce qui correspond aux aspirations essentielles de la nature humaine », « l’ensemble des valeurs positives fondamentales » que « toute chose d’utilité pratique et de valeur financière » est très révélateur ! – quitte à en venir au conflit, à la violence, à la guerre.

Alors, comment se libérer de cette spirale destructrice ? 

Comme pour toute chose, il faut remonter à la source : la peur de la perte, la peur de manquer, la peur de souffrir.

La peur, tout simplement.

À ce sujet, on aurait tort de prendre Star Wars pour une gentillette science-fiction sans profondeur, car Yoda le dit très justement à Luke Skywalker dans l’Empire contre-attaque : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance.

Oui, la peur est la mère de tous les tourments.

Yoda dans L’Empire contre-attaque, réalisé par Irvin Kershner en 1980.

C’est une compréhension profonde qui ne se fait jour qu’à la fin, quand nous sommes prêts à lâcher prise sur quelque chose qu’on croyait primordial, fondamental à notre bien-être, et dont on s’aperçoit tout compte fait qu’elle n’était qu’accessoire. Que l’essentiel était ailleurs.

Et que, tout ce temps, notre regard se portait au mauvais endroit.

Mais est-il jamais trop tard pour les prises de conscience ? Après tout, vivre, c’est apprendre. Nous sommes les élèves perpétuels des maîtres que nous choisissons.

Dans cette perspective, il nous revient de choisir nos maîtres avec sagesse et discernement !

C’est une leçon que les pirates dont je vous propose de suivre les aventures risquent d’apprendre à leurs dépens…

Tableau d’illustration : La frégate l’Herminie par Auguste Mayer.

Plume, encrier et livre

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