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Nouvelle : quand une pêche miraculeuse tourne au drame familial

Silhouette féminine sur un océan calme et brumeux
Si l’océan se montre parfois indomptable, Jer’lym n’est pas femme à rentrer bredouille. Mais ce que le loup de mer appelle « respect », le gibier le nomme barbarie. Dans cet article, je vous parle des coulisses de la nouvelle « Le maughr ». Mes inspirations, les thèmes abordés et une réflexion sur leur portée…

Si je vous parle de Vikings, vous imaginerez certainement un groupe d’hommes barbus, violents, vêtus d’un heaume à cornes et de peaux de bêtes, prêt à débarquer de leurs drakkars pour piller sauvagement les malheureux villages côtiers qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin.

Eh bien, ce que je recherchais pour cette nouvelle, c’était tout le contraire de ce cliché : une grande communauté séculaire où les femmes sont au pouvoir, prennent la mer pour pêcher selon leurs traditions religieuses et où les hommes restent à terre pour s’occuper de l’intendance, des travaux pénibles et des enfants en bas-âge.

Une inversion qui me semblait intéressante comme décor de ce récit, sans pour autant en faire un sujet en soi. Car grande est la diversité des peuples de Tzakatán, la planète fictive que je sillonne dans mon recueil, tout au long de son histoire. J. R. R. Tolkien disait qu’en inventant une nouvelle langue, il ne pouvait pas raconter les mêmes légendes ; il en va de même quand on imagine une nouvelle planète ! 

Pour Le maughr, je souhaitais visiter un territoire au nord-ouest du continent Yutzil : un immense archipel constitué de centaines d’îles aux dimensions variées. Un environnement rugueux, aux conditions de vie parfois difficiles, au climat rude. Et dans un contexte différent de ce que j’avais écrit jusque là : une société matriarcale.

« Le fameux mythe “seul le plus fort survit” est infondé. Dans la nature, seul survit qui s’adapte le mieux. »

L’action se déroule bien avant mon roman Les Portes de Tzakatán, mais après la découverte de la technomagie – si bien que quelques éléments de ce confort moderne sont venus alléger le quotidien des pêcheuses, comme l’aide à la propulsion des navires par exemple.

Vous vous demandez ce qu’est la « technomagie » ? Je vous convie à lire l’extrait de mon roman Les Portes de Tzakatán pour le découvrir en détail. Pour faire court, il s’agit d’une technologie qui tire parti d’une énergie propre et gratuite. Mais si vous avez aimé mes nouvelles, vous devriez adorer le roman ! 😉

Parmi mes inspirations pour cette histoire, vous reconnaîtrez peut-être Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, voire Moby Dick d’Herman Melville (avec une touche des Dents de la mer, de Peter Benchley et adapté au cinéma par Steven Spielberg). 

J’y aborde les thèmes des représailles, de la prédation, de l’arrogance toute humaine consistant à se sentir supérieur aux autres formes de vie, de la perception de la réalité, de l’honneur qu’on veut voir dans les traditions – qui se révèle souvent le travestissement rassurant et grossier d’une réalité peu reluisante.

Car, s’il est une chose que l’Histoire nous apprend, c’est que le fameux mythe « seul le plus fort survit » est infondé. Dans la nature, seul survit qui s’adapte le mieux, et non pas le plus fort ! Car si le plus fort prévalait vraiment, nous serions tous les descendants des dinosaures – et les grands groupes économiques n’auraient jamais rien à craindre dans notre société moderne.

Non, résolument : seule l’adaptation permet à un système, à une espèce de perdurer dans le temps, car tout est changeant dans l’univers (même quand les apparences sont trompeuses).

Partant de ce principe, il faut parfois peu de choses pour que le prédateur d’hier devienne la proie d’aujourd’hui. Surtout quand il sous-estime ou méconnaît les capacités de son gibier. Mais à quel moment bascule-t-on d’un statut à l’autre ? C’est ce que je visite ici.

Dans ma nouvelle Le trésor maudit, j’évoquais très rapidement les maughrs, des animaux marins particulièrement intelligents et craints des pirates. Ici, vous aurez l’occasion de faire plus ample connaissance avec leur espèce.

Comme souvent lorsque j’écris, la musique est une inspiratrice discrète. Encore une fois, c’est à la bande originale du jeu vidéo Witcher III et de ses extensions (composée par Adam Skorupa & Krzysztof Wierzynkiewicz) que j’ai confié cette tâche. Une ambiance qui convient parfaitement à un thriller maritime qui frôle le fantastique ! 

Alors n’attendez plus et accompagnez Jer’lym sur son esquif, où la chance tourne aussi vite que le vent !

© Photos : Folio, Archi Poche, CD Projekt Red.

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