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Nouvelle : tout sur le carnet de voyage d’une imprudente archéologue

Grotte
Indiana Jones dans Jurassic Park. Tel pourrait être le « pitch » de cette nouvelle ! Le célèbre aventurier n’est pas le seul à dépoussiérer l’archéologie sur le terrain : parcourez ce journal qui consigne par le menu les découvertes d’une archéologue partie sur les traces d’une civilisation disparue. Dans cette expédition, un spécialiste de la survie en milieu hostile et un garde du corps ne seront pas de trop…

Quand j’ai commencé l’écriture de mon recueil de nouvelles, je rêvais de me frotter au style « aventure archéologique à la Indiana Jones » : sans aller jusqu’au récit d’action comme Tomb Raider le fait si bien avec l’intrépide Lara Croft, j’imaginais une archéologue du passé qui quittait le confort douillet de son université pour se confronter à la réalité d’un terrain inexploré.

C’était un peu mon cas, pour ainsi dire. Car en préparant l’écriture de mon roman Les Portes de Tzakatán, j’avais en effet cartographié tout le continent où se déroulerait l’action principale, puis le planisphère complet de la planète : continents, archipels, forêts, déserts, jungles, vallées et massifs montagneux s’étendaient selon la disposition de plaques tectoniques imaginaires.

Toutefois, le roman n’explorait qu’une partie infime de ce vaste panorama, et je me sentis bientôt frustré de ne pouvoir m’aventurer dans ces contrées qui me semblaient toutes plus passionnantes les unes que les autres. J’avais envie de tout visiter ! 

Carte de la région méridionale du continent Yutzil.
Forêts, déserts, jungles, vallées et massifs montagneux s’étendaient selon la disposition de plaques tectoniques imaginaires.

Je trouvai la parade avec l’idée de ce recueil, qui me permettait non seulement d’explorer à ma guise différents lieux et paysages de cette planète fictive, mais également de la parcourir à travers le temps, d’en apprécier l’évolution.

Alors, avec ce récit, nous retournons sur Yutzil Pahál, le continent où se déroule mon roman, à une époque où l’empire pahalien était encore jeune et des créatures semblables aux dinosaures n’avaient pas encore complètement disparu.

Cependant, la comparaison avec l’histoire de notre planète s’arrête là : comme vous le savez, il faut remonter à plus de 65 millions d’années – à une ère où notre espèce n’existait pas – pour trouver sur notre bonne vieille Terre ces titans éteints (au sein d’une atmosphère et d’un environnement très différents des nôtres aujourd’hui, qui plus est).

Sur Tzakatán, en revanche, nul astéroïde dévastateur : ce furent principalement les Hommes qui traquèrent et éliminèrent ces animaux terrifiants à une époque bien plus récente. Dès lors, comment résister à l’envie de planter le décor dans un des rares lieux où leurs derniers survivants ont trouvé refuge ? 

« Vivre, c’est avancer dans l’inconnu à chaque instant. »

J’avais aussi envie de varier la forme du récit et explorer un genre différent, alors j’ai opté pour un journal de voyage où l’héroïne consigne consciencieusement chaque étape de son périple en s’adressant à son mentor, à qui elle envoie ses observations et hypothèses. Un peu à la manière du fameux roman épistolaire Dracula de Bram Stocker (dont je vous parlerai dans un prochain article).

Vous allez me dire : « mais Le trésor maudit aussi est un carnet de route ! ». En fait, l’écriture de cette présente nouvelle est antérieure à mon aventure pirate, et le principe diffère entre les deux. Ici, l’héroïne consigne son exploration au fur et à mesure, jour après jour, en temps réel. Dans Le trésor maudit, le héros fait acte de témoignage une fois son aventure terminée, presque à la façon d’un testament pour mettre en garde d’éventuels lecteurs.

Mais revenons à notre histoire. Notre archéologue a voyagé depuis Warheb, le continent où se déroule mon autre nouvelle L’oiseau et l’enfant, dont elle est native. De vieilles légendes étayées par d’étranges artéfacts évoquent une civilisation d’origine inconnue disparue depuis longtemps : elle a décidé d’y consacrer son travail universitaire et de se rendre sur place afin d’y mener ses propres recherches.

Une telle odyssée n’est pas sans danger ; outre les aléas d’un tel voyage, il faut prévoir les hasards de terres encore sauvages et pallier les menaces inconnues qui risquent de surgir ! Pour cette raison, elle est accompagnée d’une équipe réduite composée d’un garde du corps et d’un spécialiste de la survie en milieu hostile.

Gageons qu’une telle escorte se révèlera judicieuse…

Si vous avez lu mon article de présentation de L’oiseau et l’enfant, vous savez que j’aime écouter de la musique instrumentale pendant que j’écris. Je trouve que cela aide à se mettre dans l’ambiance recherchée ! Cette fois, je me suis plongé dans la superbe bande originale du jeu The Witcher 3 ainsi que dans certains des thèmes les moins emblématiques des trois premiers films d’Indiana Jones.

Quant à l’aphorisme illustré par cette nouvelle, « on trouve souvent ce qu’on ne cherche pas », il nous rappelle non seulement qu’il faut préférer ce qui arrive à ce qu’on avait imaginé (ce qui n’est pas toujours aisé, en particulier dans l’adversité). Cela exige de porter son regard au bon endroit en restant attentif aux signes, ne pas s’entêter coûte que coûte au risque de courir à la catastrophe, s’adapter aux circonstances quitte à changer complètement ses plans.

Il nous rappelle également que vivre, c’est avancer dans l’inconnu à chaque instant : la routine est une illusion, elle donne l’impression de maîtriser son quotidien. Mais ce dernier peut être perturbé à tout moment ! Car quand tout se déroule selon notre plan, gardons en mémoire qu’il s’agit d’un heureux accident.

Alors, quand un évènement vient bouleverser ce qui était prévu, toujours s’adonner à un judo mental. En d’autres termes, accompagner le mouvement, l’aléa du mieux possible – au risque de se faire balayer par le « vent du changement » (comme le chantait si bien le groupe Scorpions en 1990).

Car la « loi du plus fort » est un mythe : seuls survivent celles et ceux qui s’adaptent le mieux.

Bonne lecture ! 

© Photos : Lucasfilm, Universal Pictures.

Plume, encrier et livre

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